Je regarde ma vie s'écouler
Sans pour autant l'attraper
Le temps passe rapidement
Moi je reste là sans mouvement
La vie est un long fleuve jalonné
De saisons qui s'établissent
Je les regarde sans que je réagisse
Je sui là sans bouger
Le temps passe ...
Tel un arbre enraciné
Vieillissant, figé et fringant
Dans cette terre accablée
Et abîmée par le temps
Un astre de la nature, ridé
Et tellement implanté
Ne voyant pas ce fleuve du destin
Couler et m'enterrer avec dédain
Le temps passe ...
Un arbre enraciné et isolé
N'ayant pour ami que le vent
Ce brin d'air si frétillant
Mais qui s'est décidé
A nous imposer sa puissance
A nous faire tituber
Et nous bousculer
Nous intimidant avec son arrogance
Le temps passe ...
Me laissant troublé
Par ce souffle m'affaiblissant
Tout en esquissant
Mes rêves enivrés
Je suis tellement seul sur cette terre
Tel une plante desséchée
Au milieu d'un perpétuel désert
Qui a sans cesse tenté de crier
Le temps passe ...
M'obligeant à laisser
Mon âme de côté
M'obligeant à vivre sans pour autant
Entendre s'écouler ce fleuve du temps
Ma vie passe
Les années s'effacent
Mais ma vie s'est déjà arrêtée
Depuis de longues années
Le temps passe ...
Je ne vois plus le temps passé
Enraciné et paralysé
Ne sachant plus comment m'y prendre
Pour que le temps sache m'entendre
Comme si le vent
Effaçait mes hurlements
Comme si j'étais esseulé inconscient
Ne résistant plus au temps intimidant
Le temps passe ...
Je suis là mais je laisse couler
Le fleuve de ma vie incontrôlée
En regardant le temps qui passe

